Le monde, vu de ma fenêtre... De nombreux sujets d'actualité ou de la vie quotidienne me passionnent. Vous trouverez ici mon point de vue d'étudiant, d'urbaniste et parfois d'artiste sur ce qui fait notre monde. J'essaierai aussi de partager mes reflexions sur l'aménagement et l'urbanisme en général.

7 juin 2007

Saint-Denis / Noisy-le-Sec : un tramway nommé désir

Par Fritz-Joël Montauban-Augustin

En 1992, le tramway effectuait un son retour en Île-de-France dans la banlieue nord de Paris entre la gare de Saint-Denis et la préfecture de Bobigny. Le premier tramway francilien relie aujourd’hui les pôles majeurs de la Seine-Saint-Denis et est connecté à trois lignes de métro et deux gares RER. Retour sur le succès d’un tramway plébiscité par les banlieusards.

L’intégralité du parcours de la ligne, baptisée T1, se trouve en site propre. Certaines rues lui ont même été totalement réservées, créant ainsi des espaces urbains piétons-tramway principalement dans le centre de Saint-Denis. En reliant les principaux pôles du département entre Saint-Denis et Noisy-le-Sec, le tramway a connu un réel succès auprès des usagers : près de 100 000 voyageurs sont transportés quotidiennement. Pour parcourir ses 9 kilomètres et 26 stations, les rames utilisées sont des rames de type TFS (Tramway Français Standard). Ces rames permettent d’accueillir 178 voyageurs et bénéficient d’un plancher bas sur leurs deux tiers de leur longueur. Ce mode de transport sur ce tracé répondait à un besoin des usagers : se rendre ailleurs dans la banlieue sans avoir à passer par Paris, et en éviter les engorgement.

Un projet de mobilité

Ce qui a fait la particularité de ce tracé à ses débuts était la volonté de créer un parcours de banlieue à banlieue autour de Paris. La création d’une rocade de transport en commun autour de Paris à deux but principaux : faciliter les échanges et les déplacements dans la banlieue, et réduire les déplacements de transits dans Paris. Ainsi cela réduit les temps de transport pour les usagers de la périphérie. La ligne T1 permet aux usagers de la périphérie de se rendre d’un bout à l’autre de leur département et aussi de bénéficier de pôle d’échange avec les lignes de métro aboutissant dans la périphérie (ligne 13 à Saint-Denis, ligne 8 à la Courneuve, ligne 5 à Bobigny) mais aussi des ligne de RER (ligne D à Saint-Denis, ligne E à Noisy-le-Sec). Ainsi les usagers de première couronne peuvent facilement se rendre dans Paris, mais aussi en grande périphérie.

Le tramway T1 traverse un espace de la proche banlieue parisienne densément peuplée, mais qui vit assez bien indépendamment de Paris. Ce transport, en rendant plus accessible certaines cités et certains quartiers dits sensibles, et a aussi permis un meilleur désenclavement des ces espaces. C’est aussi ce qui explique son plébiscite auprès des habitants. Ils y ont vu un moyen de transport mais aussi d’ouverture de leur quartier vers le reste de la banlieue.

Mais l’un des problèmes, soulevé de nouveau avec l’arrivée du T3, reste la tarification. Il est à ce jour impossible d’utiliser le même ticket pour un trajet bus/tramway ou métro/tramway. Cela ne facilite pas l’intermodalité du point de vue des usagers, et la question d’un ticket horaire reste encore entière. Néanmoins l’utilisation des transports périphériques n’en est pas altérée.



Le T1 et ses désirs d’avenir

Des prolongements du T1 sont prévus et sont à l’étude. Vers l’Ouest il devrait atteindre la cité du Luth à Gennevilliers. Il sera connecté au RER C à Gennevilliers, au réseau de banlieue à la gare de Colombes et à la deuxième branche de la ligne 13 qui sera prolongée vers la cité du Luth. Vers l’Est il atteindra la gare du Val-de-Fontenay, via Romainville, et entrera en correspondance avec la ligne A du RER.







Re-lier les banlieues

De nombreux projets de trajets de banlieue à banlieue sont à l’étude. Que ce soit le projet RATP de «métrophérique» en proche banlieue, celui des tangentielles du Réseau Ferré de France ou même de la rocade Arc Express s’appuyant sur les tramways et les lignes de bus en sites propres appuyés par la Région, les trajets de banlieue à banlieue sont les véritable casse-tête des spécialistes de transport de la Région Parisienne. Les tramways T1, en Seine-Saint-Denis, et T2, dans les Hauts-de-Seine, entrent dans cette logique. La solution définitive n’a pas encore été choisie, mais les résultats sont là : le tramway T1 a réussi a relier la banlieue nord de Paris entre elle. Les populations se rendent plus facilement de leur lieu de vie à leur lieu de travail, les institutions administratives, comme la préfecture ou le Palais de Justice, sont plus accessibles pour de nombreux résidants du département. Le tramway est entré dans les habitudes d’une population qui avait souhaité son arrivée.

Cet article a été publié dans Urban'Essence, numéro 5 Printemps 2007, sortie début juin. Disponible auprès de Magistram et de certaines librairies spécialisées. magistram@ yahoo.fr / Librairie le Moniteur, 7 place de l'Odéon, Paris 6ème.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ayant moi-même travaillé sur la problématique des transports en Île-de-France, je trouve bien de la part d'un étudiant de donner son avis sur un sujet si vaste.
Le cas du T1 est interressant et surtout il nous permet de prendre conscience que, malheureusement, tous nos élus n'ont pas conscience de la notion d'INTERET GENERAL. Particulièrement à Noisy-le-Sec où à cause d'une élue, Mme le Maire, le projet d'extension du T1 vers Val-de-Fontenay est au point mort. Ce n'est hélas pas le seul exemple. Quand nous arriveront à des situations illogiques nous tenterons de racommoder comme on peut avec des solutions plus ou moins durables, mais oublions-nous donc qu'il "vaut mieux prévenir que guérir" ?