Le monde, vu de ma fenêtre... De nombreux sujets d'actualité ou de la vie quotidienne me passionnent. Vous trouverez ici mon point de vue d'étudiant, d'urbaniste et parfois d'artiste sur ce qui fait notre monde. J'essaierai aussi de partager mes reflexions sur l'aménagement et l'urbanisme en général.

28 octobre 2008

Le tram-train : panacée ou chimère ?

Article réalisé dans le cadre du cours "Transport et Aménagement" en 3e année de Magistère Aménagement, avec Gabriel DUPUY et Francis BEAUCIRE

Depuis le début des années 2000, un mode de transport « révolutionnaire » a fait son apparition dans le paysage des transports en commun en France. En fait il a plutôt fait son apparition dans la liste des solutions miracles en terme de transport car dans les faits il n'existe pas réellement de tram-trains sur le modèle pour lequel il a été ''idéalement'' conçu. On peut donc se demander en France (DOM inclus) si le tram-train est la panacée ou alors une simple chimère dans le monde des transports en commun.


Mais qu'est-ce donc une panacée? Dans la myhtologie grecque Panacée était la fille d'Asklépios (le dieu grec de la médecine, son équivalent romain est Esculape). Ce nom est contruit sur les bases grecques pan qui signifie tout et akos qui signifie remède. Panacée signifie donc remède universel. Dans l'usage quotidien, ce terme a une conototation légèrement négative. En effet il désigne une formule ou une solution par laquelle on prétend résoudre tous les problèmes, un peu comme une remède miracle.


Mais alors que vient faire la Chimère dans cette affaire? La Chimère était dans la mythologie grecque (et romaine ensuite) un monstre à la tête et au poitral de lion, au ventre de chèvre, à la queue de dragon et crachant des flammes. On ne peut donc pas trouver de monstre plus terrible et plus laid que la Chimère.

Aujourd'hui le terme chimère est entré dans le langage courant pour désigner deux choses différentes mais faisant toutefois référence à ce monstre mythologique.

Le premier sens de chimère aujourd'hui est celui d'un objet ou d'un assemblage de différents éléments. Cet assemblage peut parfois être monstrueux en référence à la laideur de la Chimère, mais il révèle surtout l'hybridité de l'élément en question. Ce terme est également utilisé dans divers domaines pour désigner des éléments à structures hybrides.

Le second sens, le plus courant dans le milieu populaire, est celui d'une vaine imagination. En effet ce monstre était mythologique et n'a jamais existé (ou du moins jusqu'à ce jour aucune trace d'une chimère n'a été trouvée). Donc la chimère représente le fantasme, une illusion, un mirage, un rêve, un songe, une utopie voire une vision...


Essayons donc de voir le tram-train sous ces trois aspects différents : le tram-train en tant que chimère, c'est-à-dire un mode de transport hybride, ensuite le tram-train en tant que panacée, ou plutôt la solution miracle que l'on nous propose depuis quelques années, et enfin on se demandera si le tram-train n'est pas la nouvelle chimère française, c'est-à-dire une illusion utopique qui soit ne résolvera pas les problèmes de transports français ou alors aura du mal à se réaliser pleinement.


Le tram-train : une espèce de chimère, un mode de transport hybride.

Le système du tram-train nécessite une interconnexion entre le réseau urbain et le réseau ferroviaire classique. Il requiert également un matériel apte à circuler sur les deux réseaux, c’est-à-dire compatible avec le chemin de fer classique (signalisation, puissance, résistance, hauteur et distance aux quais) et avec les normes de sécurité liées à la circulation urbaine (capacités de freinage, signalisation). En particulier, comme les électrifications des deux réseaux sont en général différentes, les véhicules doivent pouvoir supporter les tensions respectives de chaque réseau (750V CC/15kV CA; 750V CC/diesel;...). Lorsque les véhicules sont à la fois à traction électrique et thermique, on parle alors de véhicule bi-mode (un véhicule qui en somme est hybride).

Pour rendre possible le passage d'un système d'alimentation à un autre, et pour permettre au véhicule de commuter entre l'alimentation ferroviaire et urbaine, l'infrastructure est munie d'une zone de tension nulle, appelée zone de changement de tension. Une telle zone n'est pas nécessaire dans le cas de véhicules hybrides, c’est-à-dire munis d'une traction diesel.

Les distances entre les stations sont très variables sur les lignes des trams-trains. Elles varient entre une interstation faible en centre-ville (souvent inférieure à 500 m), alors qu'elle est typiquement de plusieurs kilomètres dans la partie périurbaine de la ligne, où l'habitat est plus diffus et dispersé et où les bourgs et les centres denses sont plus éloignés.


Le tram-train : la panacée! ou comment on veut nous faire croire que la solution aux problèmes de transports urbains et péri-urbains se trouve dans ce mode de transport...

Depuis quelques années on entend un peu partout parler de tram-train. On vante ce mode de transport, et surtout le modèle outre-Rhin de Karlsruhe, comme étant la solution miracle aux problème de transport urbain et péri-urbain. Il n'y a plus une ville, un opérateur de transport en commun ou un quelconque homme politique qui ne jure plus par le tram-train. Pour ne citer que l'Ile de France, le RER C pose des problèmes? Il suffira de supprimer certaines parties des branches du RER C et de les transformer en tram-train. Créer de nouvelles lignes de transport lours? Pourquoi ne pas se servir des emprises de la Grande ceinture pour créer un tram-train, ce serait l'idéal! Répondre aux besoins des villes et quartiers résidentiels péri-urbains? Créons une ligne de tram-train train : plus rapide que le tram (ou la voiture lors des heures de pointes) et surtout favoriser l'implantation péri-urbaines autour des gare en grande banlieue (un peu comme ce que l'on veut faire autour des gares RER et Transilien).


Pourtant pour que le tram-train fonctionne, surtout le modèle de Karlsruhe, il faut plusieurs pré-requis et il faut répondre à différents problèmes d'ordre technique. Dans le modèle de Karlsruhe, l'infrastructure ferroviaire existait déjà, que ce soit les lignes de tramway urbain que les voies ferrées traditionnelles.

Dans le modèle de Karlsruhe, la stadtbahn, le réseau urbain de l'agglomération, se base sur la densité des pôles péri-urbains. En effet les pôles sont suffisamment denses et espacés pour permettre au tram-train de se développer dans la forme qui lui est connue à Karlsruhe et qui a fait sa réussite. La particularité allemande fait qu'il n'y a pas de conflit de gestionnaire comme on le connaît dans nos villes françaises. En effet à Karlsruhe le réseau de tramway et le réseau ferroviaire sont géré par la Deutsche Bahn (l'équivalent de la SNCF en Allemagne). En effet en France c'est (jusqu'à ce jour) la SNCF qui gère le réseau ferroviaire (bien que la propriété revient à RFF - Réseau ferré de France) tandis que les réseaux de tramway sont géré par des sociétés privées ou des établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), le tout est coordonné par des autorités organisatrices des transports. Un empilement et des enchevêtrements dignes des Français...


Le tram-train : la nouvelle chimère française

Le tram-train est peut être vue comme une chimère de deux points de vue différents : dans la réponse qu'elle apportera aux problèmes ou dans sa mise en place effectif comme un mode de transport entre l'urbaine et le péri-urbain.


Mulhouse: une chimère... des illusions et désillusions

Le tram-train de Mulhouse pourrait devenir le premier vrai tram-train a être mis en place en France... Si les accords entre les différentes parties sont trouvés. En effet le projet devrait se servir d'une partie du réseau ferré de RFF mais le montant du péage n'a pas encore été défini entre le SITRAM (l'autorité organisatrice des transports de l'agglomération mulhousienne) et le type de matériel roulant non plus. Si les réponses à ces questions ne sont pas trouvées, l'automobile risque de rester le principal mode de transport pour les zones concernées et ce tram-train risuqe de demeurer une chimère pour un moment...


Nantes-Chateaubriand: une chimère... qui ne le sera plus?

Le cas de Nantes est également intéressant. En effet dans le Pays de la Loire Alstom a remporté le marché pour le matériel roulant de la future ligne de tramway, la ligne devrait être ouverte en 2010 ou 2011. Mais des questions se posent déjà sur le tracé, le nombre de et le type de passages à niveaux. En effet la réglementation de la circulation n'est pas la même que l'on soit sur un réseau ferré de type SNCF ou alors de type tramway en ville... Mais ce qui diffèrent aussi est le fait que les trains et les tramways en France ne roulent pas dans le même sens (les premiers circulent à gauche, les seconds à droite). Toutes ces considérations doivent être prises en compte afin d'éviter les désillusions liés au tram-train tant rêvé. Néanmoins le projet de Nantes comporte un avantage, c'est la SNCF qui devrait être l'opérateur de cet ensemble.


La Réunion: une chimère... ou plutôt un vrai mirage!

Depuis quelques années on parle du fameux tram-train qui viendra résoudre les problèmes de transport de ce département ultra-marin, principalement ceux de l'agglomération de Saint-Denis. Ce projet, s'il devait être réalisé un jour serait un vrai défi technique car il faudrait que son tracé s'implante sur une bande littorale ou même l'aggrandissement de la voie rapide est problématique car située entre mer et falaises littorales.

Mais pour le moment ce tram-train qui dévait être livré en 2008, puis 2010, et peut-être en 2012 n'est même pas encore arrivé au stade de la construction (qui pourra, espérons, commencer à la fin de cette année). Pourtant on en parle depuis des années, aujourd'hui le projet à sa mascotte et même son marathon annuel. Espérons qu'à force de courir, les réunions finiront par rattraper ce qui, depuis des années, ressemble à un mirage.


T4 Aulnay/Bondy: une chimère, un vrai faux tramway, un fausse solution, une vraie ''arnaque''.

Le tram-train T4 du réseau de transport en commun francilien n'en est pas réellement un. En réalité ce n'est pas un train ordinaire car le matériel utilisé n'est ni ceux des RER, TER ou autres trains, mais ce n'est pas un tramway. Néanmoins, contrairement aux tram-trains allemands qui sont des tramway lourd, le matériel de la ligne T4 correspond plutôt à celui des trains-légers (du fait des normes ferroviaires plus strictes en France). La solution qui a été choisie pour cette ligne n'est pas non plus une réponse miracle. En effet seul le tracé existant ferroviaire a été utilisé et ce ''tram-train'' ne pénètre pas en ville et reste donc sur un réseau ferroviaire classique. De ce point de vue, il n'y a pas la ''nouveauté'' du vrai tram-train utilisant à la fois un réseau ferré classique et se prolongeant en ville sur un réseau ferré dédié à un tramway. En résumé, on pourrait dire, à l'instar des jeunes des banlieues du 9-3, que ce tram-train est une ''vraie arnaque'' car la nouveauté se trouve seulement dans le matériel roulant (train léger) et dans le nom que l'on à donné à l'ensemble de cette ligne.


Antilles Françaises : une chimère... dans l'air du temps.

Bien avant de savoir ce qu'était réellement un tram-train, j'ai souvent entendu parler de cette solution miracle qui revenait souvent dans les débats à Saint-Martin (Antilles Françaises) avant de m'apercevoir qu'en Guadeloupe et en Martinique certains voyaient dans le tram-train LA solution aux problèmes de transports de ces îles françaises. Pourtant aucune étude, aucun projet concret n'a jamais été réalisé. Dans les faits, le tram-train n'est mis sur la table des discussions que lorsqu'un aménageur, un homme politique ou un journaliste énumère les solutions possibles pour répondre à la demande d'offre de transport croissant dans ces régions ultra-marines sans prendre en compte les réalités propres aux lieux (pas de réseaux ferré pré-existant, particularités des agglomérations et du réseau urbain insulaire, etc.). Comme le développement durable, le tram-train est parfois LA solution à la mode.



Pour clore cette question, on peut donc dire, à l'instar de Rousseau:

« Ô chimères ! Dernières ressources des malheureux! »

Nous sommes les malheureux et avec la crise actuelle des transports en commun en France et un peu partout ailleurs (congestion, saturation, désynchronisation des rythmes de vie perturbant la demande et l'offre en transports, éclatement des lieux de vie, de travail et de loisirs...), il faut bien rêver un peu et voir si l'on peut trouver de nouvelles solutions pour répondre à nos besoins en transports en commun qui augmentent et s'accentuent davantage chaque jour.

À force d'essayer de nouveaux moyens de transports, on trouvera sûrement le nouveau mode de transport alternatif.


21 septembre 2008

French Connection India : coup d'oeil sur Pondichéry la française

C'est en 1674 que la Compagnie des Indes orientales fonde le comptoir de Pondichéry, sur la côte de la baie du Bengale, en Inde. François Martin se verra confier la tâche de l'installation du comptoir. Trois siècles d'histoire tumultueuse verront ce comptoir français pris par les Hollandais de 1693 à 1697, rendu à la France et souvent disputé par les Anglais. Elle sera définitivement rendu à l'Inde indépendante en théorie en 1954 mais dans les faits en 1962. De ces trois siècles de présence française Pondichéry garde quelques traces. Aujourd'hui le Territoire de l'Union qu'est Pondichéry rassemble tous les comptoirs français (à l'exception de Chandernagor). Néanmoins, à l'instar de Goa la portugaise, une atmosphère de petite France en territoire indien règne au coeur de la ville même de Pondichéry, avec parfois une pointe de nostalgie de la part des anciens.


Une ville au tracé marqué par la présence française

Le tracé du coeur de la ville témoigne du passage des français. Cet ancien comptoir est bâti selon un plan en damier ceinturé de boulevards. La ville blanche (française) est séparée dans toute sa longueur de la ville noire (tamoule) par un grand canal (aujourd'hui recouvert à certains endroits). Au sein de la ville noire des axes perpendiculaires au grand canal séparent entre eux le quartier musulman, le quartier hindou et le quartier chrétien, toutefois cette séparation n'est pas rigide car on retrouve des chrétiens, des musulmans et des hindous dans tous les quartiers.


En haut : plan ancien de la ville de Pondichéry

En bas : image satellite de la ville et d'une partie de l'agglomération aujourd'hui (Imageries, copyright 2008, AND, Europa Technologies) et plan de la ville aujourd'hui (Données cartographiques, copyright 2008, DigitalGlobe, GeoEye)


Des liens maintenus avec la France

Le Lycée français de Pondichéry est le plus grand établissement français d'Extrême-Orient. Avec l'Alliance Française et le consulat général de France, ce sont les principaux marqueurs de ce lien qui est toujours entretenus par la Ville avec la France. Des événements français y sont fêtés (en même temps ou en décalage) avec une partie de la promotion faite en français. Quelques événements comme la fête nationale française, la fête de la musique et d'autres festivals divers chaperonnés par l'Alliance Française ont un retentissement assez important au sein de la ville. Mais le plus fort des liens maintenus avec la France ne part d'aucune volonté politique mais d'une partie de la population. Ceux qui on choisi de rester français après l'indépendance, sont partis en France mais reviennent investir dans leur pays natal, ou reviennent en tant que touristes et gardent ainsi des liens familiaux forts. Ceux qui sont restés envoient leurs enfants à l'école française ou étudier en France, et finalement une communauté française, composée d'une majorité d'indiens français, mais pas uniquement, se maintient sur place. Certains touristes anglais se demandent bien pourquoi il y a autant de français à Pondichéry, car le reste de l'Inde était un empire britannique et la proportion d'anglais en Inde n'atteint pas celle des Français à Pondichéry. L'exception culturelle française diront nous.


Lycée Français de Ponduchéry, le plus grand établissement français d'extrême-orient. (photo : FJM, août 2008)

Foyer du soldat, pour les anciens soldats de l'Armée française. (photo : FJM, août 2008)

L'un des bâtiments de l'Alliance Française à Pondichéry. (photo : FJM, septembre 2008)

Réappropriation de l'héritage patrimonial français

L'ancien gouvernement (changé récemment) avait lancé une étape de réappropriation de l'héritage français. Ce choix est très visible sur les grandes artères de circulation et dans toute la ville blanche. En effet les noms des rues sont inscrits en deux langues, en tamoul et en français. Les bâtiments importants issus de la période sont mis en valeur par l'action publique tels que le siège du gouvernement, l'Hôtel de Ville. Il existe également d'autres exemples comme le Club de Pondichéry ou le Dupleix, mais là ce sont des initiatives privées. Ces actions de revalorisation se font parfois au détriment d'ensembles de maisons et même de secteurs entiers dont on ne perçoit pas la valeur patrimoniale qui sont laissés à l'abandon, dénaturés voire détruits.

Malgré ses choix, le fait de reprendre un nom plus tamoul pour la ville (Pondichéry en français ou Pondicherry en anglais est devenu officiellement Puduchery) à fait dire aux sceptiques qu'il y avait là une volonté de balayer cet héritage colonial.


Quelques plaques de rues. (photos : FJM, août 2008)

Une vitrine pour l'Inde touristique

Les touristes diront d'un même choeur que Pondichéry est une ville propre (comparée aux villes indiennes). En effet la ville blanche et les lieux susceptibles d'être fréquentés par les touristes sont témoins d'une attention particulière au niveau du nettoyage des rues et de ramassage des déchets. Des panneaux à chaque coin du coeur de la ville rappellent le devoir de tout citoyen de garder sa ville propre. Des équipes de femmes (reconnaissables à leurs blouses vertes) balayent jour et nuit les rues (pas seulement celles du centre, heureusement) et la Pondicherry Pollution Contrôle Committee veille au respect des règles. Depuis 2002 la ville bénéficie, dans le cadre du plan Asia Urbs, d'un programme européen. Un jumelage pour la propreté a été créé entre Pondichéry et les villes de Villeneuve-sur-Lot (France) et Urbino (Italie). Les principaux objectifs de cette coopération propreté sont de réduire les conséquences sanitaires, environnementales, sociales et économiques de l'amoncellement des déchets. Ce projet est également soutenu par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie).

Il est intéressant de noter toutefois que le quartier musulman est nettement plus propre que les autres quartiers de la ville noire, serait-ce là un fait culturel ou une l'implication plus importantes des habitants du quartiers?


L'un des nombreux panneaux bilingues anglais/français incitant à des pratiques plus citoyenne en ville. (photo FJM : septembre 2008)

Aujourd'hui, Pondichéry...
- officiellement Puducherry -
C'est un territoire de l'Union Indienne composé de quatre enclaves dispersés au milieu de trois États Indiens: Puducherry (anc. Pondichéry) et Kârikal enclavés dans le Tamil Nadu, Yanam (anc. Yanaon) enclavé dans l'Andhra Pradesh et Mahé enclavé dans le Kérala. L'ensemble du Territoire s'étend sur une superficie de 492 km2 (dont 293 km2 pour le district de Pondichéry). Sur le million d'habitant du Territoire, plus de 800 000 habitent le district de Pondychéry dont plus de 250 000 dans la ville. C'est donc un territoire avec une densité forte. Les langues parlées dans l'ensemble du Territoire sont le tamoul, le malayalam, le telougou, l'anglais et le français. Dans le district de "Pondy", le français tient la 3e place des langues parlées.

18 septembre 2008

La place de la Comédie et ses sous espaces à Montpellier

Travail d'analyse objective et sensitive réalisé dans le cadre du cours Espaces Publics (2e année du Magistère d'Aménagement de Paris 1) sous la direction conjointe de Jacques-Joseph Brac de la Perrière et Antoine Brès. Mai 2008
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La place de la Comédie est la place centrale de Montpellier. En effet cette place se situe dans le centre-ville de Montpellier, en bordure de l'Écusson (le centre-historique correspondant à la vielle-ville). Il se situe, comme de nombreux boulevards, sur le tracé des anciennes enceintes de la ville.

Cet espace est donc bordé d'espaces densément bâti avec une trame viaire plutôt étroite. Cet espace est néanmoins imposant. Il occupe un espace d'environ 1,5 hectare (15 000 m2). Cette place a été aménagée dès 1755 et est constituée du parvis du Théâtre de la Comédie, de «l'oeuf» et de l'espace où s'installent les forains lors des manifestations saisonnières. Je considérerait également les prolongements de cette dernière vers le Jardin du Champs de Mars (parc de l'esplanade de la Citadelle) et vers le Polygone.


Cette place n'est plus accessible en voiture, néanmoins le trafic des véhicules n'a pas pour autant été supprimé : il a été « dévié » en souterrain. Depuis 1986, le tunnel de la Comédie (ou tunnel du Corum) a permis d'enterrer l'un des axes majeurs du centre de Montpellier.

La Comédie1 est donc accessible aux piétons, aux cyclistes (et autres modes de circulations dite douces) et en tramway, le seul transport en commun qui y possède un accès direct. L'existence même de l'Œuf est un témoignage de ce temps où la voiture était au coeur de la place. C'était l'espace piétonnier du carrefour giratoire qu'il y avait là jadis.


 La place dans son « écrin » urbain dense. (image Google)


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Vue de la place depuis le Théâtre de la Comédie (carte postale)

Au premier plan : l'oeuf (reconnaissable grâce au marquage au sol), la fontaine des Trois Grâces. À l'arrière plan le Jardin du Champs de Mars. On distingue à peine le bâtiment de l'Office de Tourisme. Le traitement différencié du sol mets en relief la place proprement dite et la voie réservée au tramway (également dédiée aux piétons.


Pour les usagers observateurs, les limites de cet espace sont clairement définies. Au nord, à l'ouest et au sud, les façades des immeubles (dont les interstices viaires sont très étroits et donnent une impression de continuité). À l'est ce sont le Jardin du Champs de Mars, l'Office de Tourisme et l'ensemble Triangle/Polygone qui ferment cet espace. Toutefois les limites de la place peuvent paraître floues à deux endroits :

1. L'avenue de Maguelone (à l'angle de la façade ouest et sud).  Selon la position sur la place, elle peut soit être fondue dans le « rempart » que forment les façades ou alors apparaître comme un prolongement piétonnier (ouvert au tramway) vers la Gare Saint-Roch.

2. La limite orientale de la place (de l'esplanade de la Citadelle au bloc Triangle/Polygone):

Cette limite peut être divisée en deux partie dont l'axe serait le bâtiment de l'Office de Tourisme.

Au nord-est, le Jardin du Champs de Mars est une sorte de zone de transition entre la Comédie et le parc en lui même. Lorsqu'on y pénètre on a pas totalement quitté la place (la preuve : les marchés de Noël et les autres manifestations ont leurs stands qui y arrivent), plus on s'enfonce, moins l'on est à la Comédie pour enfin être totalement dans le parc.

Au sud-est est l'ensemble commercial du Triangle et du Polygone articulé autour de la place Francis Ponge qui finalement ressemble plus à un prolongement plus ou moins autonome de la Comédie qu'à un espace indépendant vivant de lui-même. (En effet la Comédie est animée jour et nuit, tandis que la place Francis Ponge vit au rythme des heures d'ouverture du Triangle et du Polygone. Le soir, les dimanches et les jours fériés, cet espace fait office de cul-de-sac (plus ou moins réel) et devient ainsi une vraie limite de la Place de la Comédie.

 

(image Google)



Les Limites de ce grand espace (croquis FJM)


Les sous-espaces dans la place (croquis FJM)

Le sol de la place est constituée de dalles dont les variations de nuances, de formes et de tailles participent à créer des lieux invisibles dans l'espace. Les séparateurs blancs participent à la subdivision de l'espace en plus du fait de briser la monotonie que pourrait créer un immense espace dallé malgré sa belle couleur ocre. Le cheminement du tramway est lui marqué par la différence de constitutions du sol. Ce sont en effets des pavés gris qui marquent cette «chaussée» dédiée au tramway (et aux piétons).


La particularité de cet espace publique est d'être essentiellement minérale. Les dalles, les façades en pierres de tailles, la fontaine... rappellent la pierre. Le mobilier urbain et les mobilier des restaurateurs quoique en bois ou en plastique ne sont pas assez imposants pour marquer le paysage. Pour autant la faible présence de l'élément végétal (la lisière du parc, la mousse sur la fontaine et les arbres de l'avenue de Maguelone) n'en fait pas un espace invivable. Ce n'est que lors du marché de Noël qu'il est possible de voir une forte présence du bois grâce aux baraques des forains.


Le mobilier urbain public se compose des lampadaires et des abris du tramway. Paradoxalement il n'y a guère de lieux où s'assoeir si ce n'est sur les terrasses des cafés. Serait-ce là une volonté publique de pousser à la consommation? La question que l'on se pose est : quels sont les éléments ne relevant pas de JCDecaux? La réponse serait : les nombreuses tables et chaises disposées au centre de la place (elles appartiennent au divers cafés et restaurants bordant la place) et les baraques en bois du marché de Noël. En effet ici, comme dans de nombreuses villes françaises et européennes, JCDecaux règne sur le mobilier urbain et sur les panneaux publicitaires. Le design du mobilier, quoique recherché, ne se distinguera que légèrement des autres « oeuvres mobilières » de cet opérateur. Ce monopole reflète particulièrement bien l'esprit qui domine dans les décisions publiques de cet agglomération.2 Une petite barrière discrète se dresse au milieu de la place. Pourtant sa position devrait la rendre remarquable : c'est l'entrée d'un parc de stationnement automobile souterrain. Elle passe si bien dans le paysage que l'on oublie souvent sa présence.


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Vue de la place depuis l'espace dédié aux forains. (carte postale)

Au premier plan : l'entrée discrète du parc de stationnement souterrain. Au fond, le bâtiment imposant est le Théâtre municipal de la Comédie qui a donné son nom à cette place. Au coucher du soleil, quand le bleu ciel et les beiges façades cèdent leur place au jaune teinté de rose, le spectacle n'invite-il pas pas à aller boire un verre?


Ce lieu permet à la fois la rencontre des montpelliérains entre eux, mais aussi celle des habitants de la ville (et de l'agglomération) avec leurs représentants politiques. C'est en effet un lieu de mise en scène du pouvoir et de ce qui y est lié. Que ce soient les débats publics, l'inauguration de ligne de tramway, le marché de Noël ou tout autre événement culturel ou politique de grande ampleur, la Place de la Comédie est LE lieu de toutes les rencontres et le coeur de la ville et de son agglomération.

Dans la pratique des habitants, la place est en fait la grande terrasse de plusieurs restaurants et l'espace de détente des jeunes et des moins jeunes.


La place de la Comédie  est un espace vaste (proportionnellement aux reste de la ville) et fermé qui donne cependant l'impression d'être ouvert. Sa forme est celle d'un polygone proche d'un rectangle allongé. Elle possède trois façades massive qui constituent un rempart infranchissable et une façade discontinue à l'ouest  constituée d'une part du Jardin du Champs de Mars et du bâtiment de l'Office de Tourisme (qui en fait prolonge visuellement le parc), et d'une autre part d'un vide suivi du Triangle (Centre Commercial) et de la place Francis Ponge qui invite à entrer au Polygone (Centre Commercial).


La couleur dominante est le beige (dalles, façades, matériaux choisis), en journée par beau temps la couleur claire s'harmonise avec le bleu du ciel, ce qui donne une impression d'espace libre donnant envie de flâner et même de s'envoler. Même lorsque le temps est couvert (ce qui arrive parfois) on a l'impression que le ciel se reflète sur les façades et qu'elles subliment la beauté triste du temps.

Cette couleur claire est reposante et est le reflet de la vie méditerranéenne, ou du moins de l'image que l'on en a : une vie calme, reposante invitant à s'installer et prendre un café plutôt que de courir pour ne pars rater son bus, son train ou son tram. De cette couleur dégage une ambiance et un sentiment d'un sud qui offre protection et chaleur. Le soir c'est le jaune qui caractérise le mieux cette place. Son éclairage, le reflet de la lumière sur les façades donnent une impression d'harmonie dans le choix des couleurs.


Cet espace possède plusieurs centralités qui jouent sur la perception de deux sous-espaces. De l'Œuf (et de la fontaine surmontée des Trois Grâces) la place Francis Ponge s'efface, tandis que depuis l'espace des forains c'est l'avenue de Maguelone (et la perspective vers la gare) qui disparaît. 

Les limites de la place sont assez bien définie au nord, à l'ouest et au sud par la façade des immeubles qui sont tels des murs d'enceinte autour de la place. Cependant au sud-ouest l'avenue menant à la gare ressemble à une porte ou à une percée permettant de glisser vers la gare. Cette voie étant piétonne (et aussi réservée au tramway), elle apparaît comme un prolongement logique de la place de la comédie. Le spectateur qui se met près de la fontaine voit dans son paysage directement la façade de la gare Saint-Roch.

La forme allongée de cette place fait que l'on peut, comme dans une ellipse ou un œuf, y trouver deux centralités : l' Œuf et l'espace dédié aux forains.



Les centralités au sein de la place (croquis FJM)

 




Le secret insaisissable de la singularité de la "Comédie"...

Pour décrire l'indicible qui fait la qualité de cet espace, « le secret insaisissable de sa singularité » comme dirait J. Gracq, il faut être allé au moins une fois à la Comédie. C'est cet esprit du sud qui s'y dégage qui en fait sa qualité. Le nom de Montpellier transmet déjà de la chaleur et donne envie de s'évader. Le fait d'être sur cette place donne l'impression d'être ailleurs, en vacances... pour les gens de passage comme pour ceux qui pratiquent régulièrement cet espace. La vitesse et l'empressement y sont bannis, même les modes de déplacement (marche, vélos, rollers, tramway...) invitent les personnes à s'attarder sur la place.

La place de la Comédie est à Montpellier ce que la Fontaine de Trévi est à Rome : un univers magique et romantique hors du temps où l'on tombe amoureux de la ville et de ce qu'elle dégage et où l'on se promet d'y retourner. - FJM -


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Notes

1. Les montpelliérains l'appelle par habitude la Comédie bien qu'en réalité ce soit le nom du théâtre qui à donné son nom à ladite place. D'autre l'appellent aussi la place de l' Œuf.

2. L'esprit en question est celui de Georges Frêche, élu charismatique de Montpellier et du Languedoc-Roussillon, et de son univers quasi égocentrique. Il n'est plus maire de la ville depuis 2001, mais est toujours président de la communauté d'agglomération et du conseil régional.



20 juillet 2008

INTRODUCTION SUR L'URBANISME ET LES DÉFIS POUR HAÎTI (conférence)

Compte rendu de la conférence du samedi 19 juillet à l'Association des jeunes baptistes de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince (Haïti). Intervenant invité : Fritz-Joël MONTAUBAN-AUGUSTIN. En page liée : un article intitulé "Haïti : Proposition pour une politique de l’aménagement du territoire et la décentralisation".

Conférence du 19 juillet 2008 (Photo Clarck Kessy J. JEAN)


L'urbanisme est à la fois une discipline et un domaine professionnel qui s'occupe de l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de la ville et de ses territoires. Cette discipline est associée tantôt à l'architecture, tantôt à la géographie, en fonction de l'aspect mis en avant, l'intervention urbaine ou l'étude théorique. En France depuis quelques années les urbanistes tentent de créer une « corporation » autour de leur métier afin de créer un ordre semblable à celui des architectes ou des médecins pour mieux prendre en compte leurs spécificités.

Les théories de l'urbanisme sont en étroite filiation avec les sciences humaines (géographie, économie, science juridique, écologie, anthropologie, science politique, sociologie). Les pratiques et techniques de l'urbanisme découlent quant à elle de la mise en œuvre des politiques urbaines (habitat, logement, transport, environnement, zones d'activités économiques et appareil commercial). L'aspect pratique de l'urbanisme recoupe la planification et la gestion urbaine dans un but de créer le meilleur équilibre entre les usages et les usagers d'un territoire.


La notion d'urbanisme apparaît avec Idelfonso Cerdà, ingénieur catalan, dans son ouvrage intitulé Théorie générale de l'urbanisation (1867), mais ce n'est qu'en 1910 que ce terme apparaîtra en France pour la première fois. En 1911, la Société française des urbanistes est fondée. Issue des courants humanistes et hygiénistes de la fin du XIXe siècle, cette société savante réunit depuis ses origines les urbanistes de tous modes d'exercice (public, para public et privé) sur la base de critères professionnels. Aujourd'hui la SFU représente les urbanistes de France au Conseil européen des urbanistes. Aujourd'hui, on définit « l'urbanisme comme recouvrant l'ensemble des activités humaines, du moment qu'elles s'articulent, dans le temps, avec les territoires » (Société française des urbanistes). Ce domaine s'est constitué et défini entre 1870 et 1970. Aujourd'hui il tente de s'imposer en tant que champ professionnel en tant que tel.


Opération Front de Seine à Paris : témoignage d'un vision de l'urbanisme moderne sur dalle (photo Alexandre LAIGNEL)


Les enjeux du métier

L'objectif de l'urbaniste est de donner une lecture de la ville et d'un territoire. Son travail porte sur l'aménagement des espaces publics et privés, sur l'organisation du bâti et des activités économiques, la répartition des équipements (services publics), et d'une manière générale sur la morphologie de la ville et l'organisation des réseaux qui la composent. (la forme anciennement établie)

Au-delà de l'aspect réglementaire le métier d'urbaniste vise à mettre en forme le projet territorial des collectivités. En anticipant les besoins des populations, l'urbaniste propose un développement urbain efficace sur le plan socio-économique et durable sur le plan environnemental. Il participe à l'élaboration de documents d'urbanisme pour la collectivité territoriale concernée, en planifiant les équipements nécessaires (espaces publics, espaces verts, réseaux d'eau potable, d'assainissement, éclairage public, électricité, gaz, réseaux de communication).

L'urbanisme peut ainsi s'exercer dans un cadre public (collectivités territoriales ou services de l'État) ou dans un cadre privé (bureaux d'études), dont le rôle s'apparente principalement à de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage ou de la maîtrise d'oeuvre.

L'urbanisme est un domaine à caractère pluridisciplinaire qui touche plusieurs catégories professionnelles selon le domaine d'étude : des architectes, des ingénieurs, des économistes, des juristes, des sociologues, des  géographes, des paysagistes, etc. Ces catégories sont parfois mobilisées lors de l'établissement des plans d'urbanisme ou lors du lancement des opérations d'urbanisme, en fonction des moyens disponibles.


Étudiants en urbanisme en visite de terrain en Inde (photo : Léna Le SCORNET)


Les enjeux des politiques d'urbanisme

Le domaine professionnel de l'urbanisme se décompose en deux sous parties principales : l'urbanisme réglementaire et l'urbanisme opérationnel.

L'urbanisme règlementaire : il s'agit de créer un document d'urbanisme qui définit des règles d'urbanisation a priori au sein de périmètres découpés sur le territoire communal ou intercommunal en fonction du droit de l'urbanisme. Ce travail est aussi appelé planification.

L'urbanisme opérationnel : il s'agit de créer un projet d'aménagement, en espace libre, ou en tissu ancien (rénovation ou réhabilitation), en s'appuyant sur les procédures mise en disposition par le code de l'urbanisme (zone d'aménagement concerté ou lotissement par exemple), pour lequel projet on délimitera un périmètre et un règlement d'occupation du sol.

Ces deux aspects de l'urbanisme sont complétés en amont par une réflexion globale sur le fonctionnement et l'avenir du quartier, de la ville ou de l'agglomération. Ce travail pose les bases d'une stratégie sur l'aménagement d'un ensemble cohérent, voire d'une politique d'appréhension de la ville. Cela consiste le plus souvent à formaliser en amont un diagnostic territorial.

Depuis quelques années en France, l'échec des grandes opérations d'aménagement de l'après guerre, basées sur le « zoning » ou zonage (découpage du territoire en zones fonctionnellement différenciées) poussent les acteurs de l'aménagement à éviter le découpage foncier arbitraire au profit de projets et de visions globales sur le territoire.


Logements sociaux à Hongkong (photo FJM)


Aménagement, développement et environnement durables : de nombreux défis pour Haïti


Le ministère de l'environnement haïtien à lancé une campagne nationale pour la protection de l'environnement, la ville de Port-au-Prince (et quelques villes de province) ont engagé des procédures pour des villes plus propres, plus aérées avec la création de trottoirs, le récurage régulier des canaux... Mais malgré tous ces efforts, les enjeux pour une Haïti durable en terme d'économie, d'aménagement et d'environnement sont nombreux.


Vue aérienne de Cité Soleil :

entre le centre-ville de Port-au-Prince et l'aéroport international, le bidonville le plus peuplé des Antilles. (photo FJM)


Logement

- Lutter contre l'habitat précaire par la mise en place de politique nationale mais également en se servant des réseaux communautaires et des inititives locales existantes.

- Mettre en place d'une vraie politique de logement et favoriser l'émergence de logement sociaux pour les populations les plus défavorisées et les plus exposées.

Vue d'une partie du quartier de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince. (photo FJM)

Équipements publics

- Rénover et réhabiliter les équipements publics, créer des équipements publics dans les quartiers de la région métropolitaine où ils font défaut ainsi que dans les villes de provinces.

- Favoriser l'implantation et créer plus d'équipements culturels dans la région métropolitaine et dans les grandes villes provinciales.


Trottoirs, trame viaire et infrastructures routière à l'échelle nationale

- Créer et entretenir de vraies infrastructures routières et autoroutières à l'échelle nationale.

- Réduire les pistes et les routes en terre battue dans les centres-villes de provinces et entretenir le réseau viaire des villes secondaires.


Rue du centre-ville des Gonaïves (photo FJM)


Transports publics

- Favoriser des politiques de transports, mettre en place de plan de déplacements à l'échelle nationale et à l'échelle locale.

- Créer un vrai réseau de transports en commun pour la région métropolitaine.


Déchets, assainissement et épuration des eaux

- Adopter une meilleure gestion des déchets tout en tenant compte des spécificités locales.

- Créer, agrandir et entretenir les réseaux d'égoût.

- Procéder, dans la mesure du possible, à l'épuration des eaux rejetés dans les cours d'eaux et dans la mer.


Réseaux divers (eau, électricité)

- Créer, mettre aux normes et entretenir des réseaux électriques et des réseaux d'eaux potables.


Rejets des eaux usées dans une ravine (ci dessus) - photo FJM

Déchets à Port-au-Prince (ci après) - www.interet-general.info


Réglementation, contrôle de l'urbanisation, étalement et densification urbaine

- Contrôler l'urbanisation sur les mornes, limiter la construction dans les ravines... afin de réduire le

ruissellement urbain et l'érosion, et afin de réduire les risques de glissements de terrain.

- Contrôler l'étalement urbain.

- Densifier au mieux les quartiers pouvant l'être et dédensifier les zones à très fortes concentration humaine. 

- Mettre en place de règles d'urbanisme et veiller à leur mise en application.


Réseau urbain

- Développer les villes de province pour décongestionner Port-au-Prince et créer un vrai réseau de villes provinciales.


Espaces verts, paysages, patrimoine

- Mettre en place une politique patrimoniale pour sauvegarder l'héritage architecturale, urbain et paysager menacé.

- Créer des espaces verts afin de créer un nouveau rapport à l'environnement.


Énergies

- Réduire la consommation de charbon tout en fournissant des énergies alternatives (solaire notamment).

- Développement des pratiques énergiques plus propres.


Nouvelles technologies de l'information et de la communication

- Permettre une connection Internet plus rapide à l'échelle nationale.

- Diffuser l'outil informatique et Internet à une plus grande partie de la population.

- Rendre les NTIC plus accessible aux soclaires et aux étudiants.


Décentralisation et déconcentration

- Rendre effective la décentralisation de la Constitution de 1987.

- Déconcentrer les services de l'État en province afin de réduire les temps d'attente, décongestionner la capitale et permettre un développement tertiaire des villes de province.


On pourrait résumer en disant que pour se développer économiquement et durablement, le gouvernement et le peuple d'Haïti à besoin d'investir principalement dans l'éducation, la santé et la sécurité, dans un premier temps ensuite dans le réseau électrique, le réseau d'assainissement et le réseau routier. Si ces six axes sont traités en priorités, les investisseurs et les touristes (d'abord issus de la diaspora, ensuite les étrangers) viendront naturellement en Haïti. Après pourront être prise de manière concrète des mesures pour protéger l'environnement.



Je remercie Fritz-Gérald ALEXANDRE ainsi que les membres de l'association pour l'invitation qui m'a été faite, et Clarck Kessy J. JEAN pour les prises de vues lors de la conférence.